
Acheter un condo dans une ville canadienne ne consiste pas seulement à choisir un logement, négocier son prix et obtenir un prêt hypothécaire. L’acquisition implique aussi une participation aux dépenses, aux décisions et aux risques financiers d’un immeuble entier. Des travaux importants, un fonds de prévoyance insuffisant ou des obligations d’assurance mal comprises peuvent modifier sensiblement le coût réel de la propriété.
Avant de vous engager, examinez donc trois dimensions complémentaires : la situation financière de la copropriété, son état physique et les règles collectives qui encadreront votre usage du logement. Les documents du syndicat ou de l’organisme de gestion, les procès-verbaux et les informations relatives aux assurances comptent autant que l’inspection de votre unité.
Les règles diffèrent selon les provinces canadiennes. Une exigence applicable au Québec ne doit notamment pas être présumée identique en Ontario ou ailleurs. L’objectif est de transformer ces vérifications en décisions concrètes, au moment où vous pouvez encore demander des précisions, négocier ou renoncer à un achat présentant trop d’incertitudes.
Les vérifications essentielles avant d’acheter un condo
- Comparez les budgets, les charges communes et les réserves financières pour anticiper les hausses de frais et les cotisations spéciales.
- Examinez les documents juridiques, les travaux prévus et les assurances avant de lever les conditions de votre offre.
- Évaluez ensemble le bâtiment, le quartier et votre capacité financière à supporter les obligations collectives après l’achat.
- Pourquoi les frais de copropriété peuvent-ils augmenter même sans changement dans votre logement ?
- Comment examiner les documents d’un condo avant de vous engager financièrement ?
- Condo neuf ou immeuble ancien : lequel convient à un acheteur qui veut limiter les imprévus ?
- Le fonds de prévoyance trop faible qui peut entraîner une cotisation spéciale importante
- Quand demander les informations financières pour ne pas ralentir votre achat de condo ?
- Comment évaluer un secteur urbain avant de décider d’y acheter un logement ?
- Obligation légale ou condition du contrat : quelle différence pour votre assurance ?
- Comment organiser la gestion de vos affaires personnelles après une installation au Canada ?
Pourquoi les frais de copropriété peuvent-ils augmenter même sans changement dans votre logement ?
Les frais de copropriété peuvent augmenter parce qu’ils financent les dépenses communes du bâtiment et non seulement l’entretien de votre logement. Une hausse des contrats de maintenance, des primes d’assurance, des coûts énergétiques ou des contributions aux réserves peut modifier votre facture mensuelle. Ces décisions concernent l’ensemble de la copropriété, même lorsque votre unité demeure parfaitement inchangée.
Au Canada, les charges communes financent notamment l’entretien des espaces partagés, les services collectifs et la constitution de réserves destinées aux réparations majeures. Leur répartition dépend des règles et des quotes-parts applicables à l’immeuble. Le guide de la SCHL sur l’achat d’un logement en copropriété recommande précisément d’examiner le budget et les documents financiers avant l’acquisition.
Pour comprendre une augmentation, distinguez trois destinations possibles des sommes versées :
- Les dépenses courantes : nettoyage, chauffage des parties communes, gestion, entretien des équipements et contrats de services.
- Le fonds de prévoyance ou de réserve : financement des réparations majeures et du remplacement d’éléments communs selon les règles provinciales.
- Les besoins exceptionnels : dépenses imprévues, insuffisances de financement ou cotisations supplémentaires décidées suivant les procédures applicables.
Une nouvelle contribution au fonds de prévoyance peut faire augmenter durablement les frais sans qu’aucun chantier soit immédiatement visible. De même, une décision de remplacer un équipement collectif ou de renforcer la couverture d’assurance concerne tous les copropriétaires, selon leurs obligations respectives.
Demandez les budgets et les états financiers de deux ou trois exercices lorsqu’ils sont disponibles. Comparez séparément les dépenses d’entretien, d’assurance, de gestion et les contributions aux réserves. Cette lecture permet de distinguer une hausse ponctuelle d’une évolution susceptible de se poursuivre.
Vérifiez également les services réellement compris dans les charges : chauffage, eau, stationnement, installations sportives ou autres équipements. Deux condos affichant des frais mensuels similaires peuvent couvrir des prestations différentes.
Des charges faibles ne constituent donc pas automatiquement un avantage : elles doivent être cohérentes avec les dépenses réelles, l’entretien nécessaire et le financement des travaux à venir. Cette vérification conduit naturellement à examiner les documents qui permettent de juger la gestion de l’immeuble.
Comment examiner les documents d’un condo avant de vous engager financièrement ?
Avant d’acheter un condo, obtenez les documents financiers, juridiques et techniques de la copropriété, puis confrontez leurs informations. Les états financiers révèlent sa situation économique, les procès-verbaux éclairent les décisions collectives et les études techniques renseignent sur les travaux futurs. Leur analyse doit précéder la levée des conditions prévues dans votre promesse d’achat.
Le vendeur peut transmettre certaines pièces déjà en sa possession, mais les documents collectifs proviennent généralement du syndicat, de l’association condominiale ou de son gestionnaire, selon la province.
Voici les principales pièces à réunir et ce qu’elles permettent de vérifier :
| Document | Ce qu’il révèle | Point à vérifier |
|---|---|---|
| Budget annuel et états financiers | Dépenses, contributions et situation financière | Déficits, écarts budgétaires et évolution des charges |
| Procès-verbaux des assemblées | Décisions, projets et préoccupations des copropriétaires | Travaux discutés, cotisations annoncées et différends |
| Étude du fonds de prévoyance | Besoins futurs de financement des réparations majeures | Actualisation, contributions recommandées et travaux prévus |
| Carnet ou dossier d’entretien | Historique et planification de l’entretien collectif | Interventions reportées ou équipements vieillissants |
| Déclaration et règlements de copropriété | Droits, restrictions et obligations des occupants | Location, animaux, travaux et utilisation des parties communes |
| Documents d’assurance et de sinistres | Couvertures collectives et incidents connus | Franchises, exclusions et historique des dommages |
Les procès-verbaux méritent une lecture attentive. Un remplacement d’ascenseur évoqué à plusieurs reprises, des infiltrations récurrentes ou des débats concernant les contributions financières peuvent signaler des dépenses futures, même si aucune cotisation spéciale n’a encore été officiellement décidée.
Au Québec, les mesures entrées en vigueur le 14 août 2025 renforcent notamment les obligations relatives au carnet d’entretien, à l’étude du fonds de prévoyance et à l’information remise lors d’une vente. L’attestation sur l’état de la copropriété rassemble plusieurs renseignements financiers et techniques. Les mesures du gouvernement du Québec applicables aux copropriétés divises précisent leur contenu et leurs conditions d’application.
Attention à la période transitoire : les syndicats disposent de trois ans et un jour à compter du 14 août 2025 pour faire établir leur carnet d’entretien et obtenir leur première étude du fonds de prévoyance. L’absence d’une étude en octobre 2026 ne constitue donc pas, à elle seule, la preuve d’un manquement légal.
Votre dossier de vérification en cinq actions
- Demandez les documents disponibles : créez un inventaire précisant les pièces reçues et celles encore attendues.
- Comparez les finances : préparez un tableau des charges, dépenses et contributions aux réserves sur les exercices disponibles.
- Repérez les décisions collectives : établissez une liste des travaux, litiges et cotisations évoqués dans les procès-verbaux.
- Contrôlez les obligations : rédigez une synthèse des restrictions d’usage, responsabilités et exigences d’assurance applicables.
- Faites examiner les incertitudes : transmettez les points non résolus à un avocat, notaire ou professionnel compétent et conservez ses réponses.
Le contenu des certificats et les modalités de leur obtention varient d’une province à l’autre. Une revue professionnelle est particulièrement utile lorsque les documents comportent des contradictions, des restrictions inhabituelles ou des engagements financiers difficiles à interpréter.
Condo neuf ou immeuble ancien : lequel convient à un acheteur qui veut limiter les imprévus ?
Un condo neuf n’est pas nécessairement moins risqué financièrement qu’un logement situé dans un immeuble ancien. Le neuf peut offrir des équipements récents et certaines garanties, mais ses charges futures demeurent parfois difficiles à prévoir. L’ancien possède un historique d’exploitation plus observable, tout en pouvant nécessiter des réparations majeures. Le meilleur choix dépend de votre tolérance aux imprévus.
Dans une construction neuve, les frais annoncés reposent parfois sur des estimations ou sur une première période de fonctionnement encore peu représentative. Des dépenses peuvent initialement être prises en charge par le promoteur, avant de revenir à la copropriété.
La SCHL explique que les charges d’une copropriété neuve peuvent augmenter après la première année, notamment lorsque certains frais auparavant assumés par le promoteur deviennent des dépenses collectives. Une première étude du fonds de réserve peut aussi conduire à ajuster les contributions. Ces risques sont détaillés dans les conseils de la CMHC pour l’achat d’une copropriété neuve.
Les premiers exercices financiers, puis les décisions des assemblées de copropriétaires, peuvent donc révéler des coûts supérieurs aux estimations initiales. Une hausse n’est toutefois ni automatique ni nécessairement liée à la première assemblée.
Dans un immeuble ancien, vous pouvez généralement consulter davantage d’historique : dépenses effectivement engagées, travaux réalisés, évolution des charges et incidents déclarés. Cet avantage documentaire doit être mis en balance avec l’âge des installations et l’état des parties communes.
Pour comparer les deux possibilités, utilisez des critères adaptés à votre capacité financière et à votre horizon de détention.
| Critère | Condo neuf | Condo ancien |
|---|---|---|
| Historique des charges | Limité ou estimatif | Plusieurs exercices parfois consultables |
| État des équipements | Installations récentes, avec possibles défauts initiaux | Usure à apprécier selon l’entretien réalisé |
| Fonds de prévoyance | Réserves en constitution | Historique des contributions et prélèvements |
| Garanties | Garanties de construction éventuellement applicables | Protections à examiner selon l’âge et la transaction |
| Visibilité sur les travaux | Peu d’historique réel | Travaux passés et futurs plus documentables |
Vérifiez les garanties de construction applicables dans votre province, notamment les régimes pouvant concerner certains bâtiments neufs au Québec ou en Ontario. Leur existence ne signifie pas que tous les défauts, équipements ou coûts de copropriété seront couverts. Les critères d’admissibilité, exclusions, délais et procédures doivent être examinés pour le bâtiment concerné.
Un acheteur disposant d’une faible réserve personnelle peut privilégier un immeuble dont la situation financière est bien documentée, sans présumer que l’ancien sera toujours préférable. L’inspection physique et la lecture des comptes restent nécessaires dans les deux cas.
Le critère déterminant n’est donc pas seulement l’âge du bâtiment, mais sa capacité collective à financer correctement l’entretien et les réparations. Cette capacité se mesure notamment à travers le fonds de prévoyance.
Le fonds de prévoyance trop faible qui peut entraîner une cotisation spéciale importante
Le fonds de prévoyance sert à financer les réparations majeures et le remplacement d’éléments communs, selon le régime applicable à la copropriété. Lorsqu’il ne contient pas suffisamment de ressources pour couvrir une dépense nécessaire, les copropriétaires peuvent devoir verser une cotisation spéciale. Cette obligation peut représenter un coût important en plus du prêt hypothécaire et des frais mensuels ordinaires.
Une toiture à remplacer, un ascenseur à moderniser ou des travaux sur l’enveloppe du bâtiment peuvent mobiliser des sommes considérables. Si les réserves accumulées ne suffisent pas, la copropriété doit déterminer comment financer les travaux selon les règles qui lui sont applicables.
Prenons un scénario strictement hypothétique : un bâtiment doit financer des travaux majeurs dont le coût dépasse ses réserves. Les copropriétaires pourraient alors être appelés à contribuer à la différence. Le montant demandé à chacun dépendrait notamment de la répartition prévue par les documents constitutifs et les règles provinciales, et non nécessairement d’un partage égal par logement.
Pour apprécier la situation financière réelle, examinez ensemble le solde du fonds, les contributions annuelles, les travaux prévus et les recommandations de l’étude technique. Un solde élevé ne suffit pas à démontrer que les réserves sont adéquates si des réparations importantes approchent.
Au Québec, l’étude du fonds de prévoyance doit notamment tenir compte des travaux prévus sur une période de 25 ans. Les règles entrées en vigueur en août 2025 prévoient son actualisation périodique, sous réserve des dispositions transitoires. L’étude recommande les ressources financières à prévoir et les contributions nécessaires.
25 ans
Horizon des travaux pris en compte dans l’étude du fonds de prévoyance prévue par la réglementation québécoise. Cette période ne constitue pas une garantie de financement suffisant ni une règle identique dans toutes les provinces.
Gouvernement du Québec — mesures applicables aux copropriétés divises.
Demandez également si des travaux ont été reportés faute de moyens, si des cotisations exceptionnelles ont déjà été décidées et si de nouvelles contributions sont discutées. Les procès-verbaux peuvent révéler des tensions budgétaires que le solde du fonds, pris isolément, ne montre pas.
Une cotisation spéciale peut influencer la négociation ou la revente d’un condo. Selon sa nature, son échéance et la situation de l’acheteur, elle peut aussi susciter des questions de la part du prêteur hypothécaire. Il serait néanmoins inexact d’affirmer qu’elle bloque automatiquement une transaction ou un financement.
La répartition peut dépendre de la valeur relative des fractions de copropriété, ou d’autres dispositions applicables. Deux logements dans le même immeuble ne supportent donc pas forcément une contribution identique.
Cette analyse doit être réalisée avant que votre engagement soit définitif. Une insuffisance de réserves ne signifie pas nécessairement qu’il faut renoncer, mais elle doit être prise en compte dans votre capacité à financer l’achat et les dépenses futures.
Quand demander les informations financières pour ne pas ralentir votre achat de condo ?
Demandez les premières informations financières dès que vous envisagez sérieusement un condo, puis organisez l’obtention des documents officiels dès l’acceptation de votre promesse d’achat. Certains renseignements sont disponibles auprès du vendeur, tandis que d’autres nécessitent une intervention du syndicat ou de son gestionnaire. Prévoyez une condition d’examen documentaire et un délai adapté aux procédures locales.
Avant de déposer votre offre, le vendeur peut notamment vous communiquer ses relevés de charges, les avis de cotisation spéciale qu’il a reçus et certains documents de copropriété déjà en sa possession. Ces éléments permettent de repérer les premières questions à clarifier.
Après l’acceptation de la promesse d’achat, transmettez sans tarder les demandes relatives aux états financiers, aux procès-verbaux, aux assurances et aux documents officiels exigés dans la province. Les délais de production ne sont pas nécessairement identiques pour toutes les pièces.
Au Québec, lorsque les conditions légales s’appliquent, le syndicat doit remettre au copropriétaire vendeur l’attestation sur l’état de la copropriété dans les 15 jours suivant sa demande. Ce délai ne signifie pas que tous les documents utiles à l’achat seront nécessairement obtenus dans le même intervalle.
Une organisation simple consiste à distinguer trois moments :
- Avant l’offre : obtenir les informations immédiatement accessibles et dresser la liste des pièces manquantes.
- Après l’acceptation : faire demander rapidement les documents officiels et organiser leur analyse.
- Avant la levée des conditions : résoudre les anomalies et confirmer que les dépenses ou restrictions découvertes restent acceptables.
Prévoyez dans la promesse d’achat, avec votre professionnel immobilier ou juridique, des conditions et délais suffisamment précis pour permettre un examen satisfaisant des pièces. La possibilité de vous retirer sans pénalité dépendra de la rédaction de ces conditions et du droit applicable ; elle ne doit pas être présumée automatique.
Découvrir une cotisation spéciale avant la levée des conditions peut ouvrir une discussion sur le prix ou les modalités de la transaction. Le vendeur n’est toutefois pas nécessairement tenu d’accepter une renégociation.
Une fois la situation de l’immeuble mieux comprise, reste à vérifier que son emplacement correspond réellement à vos besoins. La qualité du secteur urbain influence autant l’utilisation quotidienne du logement que ses perspectives de revente.
Comment évaluer un secteur urbain avant de décider d’y acheter un logement ?
Pour évaluer un quartier avant d’acheter un condo, examinez son accessibilité, ses services, les projets de construction et le marché des copropriétés comparables. Visitez les alentours à plusieurs moments pour mesurer le bruit, la circulation et l’activité réelle. L’analyse doit aussi porter sur l’immeuble lui-même, sa composition et ses règles collectives, pas uniquement sur l’attractivité générale du secteur.
Un quartier central peut offrir des transports pratiques et de nombreux commerces, tout en présentant des nuisances qui ne sont pas visibles lors d’une visite rapide. À l’inverse, un secteur moins dense peut convenir à votre mode de vie, mais nécessiter davantage de déplacements.
Dans un marché urbain, la présence de nombreux immeubles en construction mérite une attention particulière. Elle peut modifier les vues, la circulation, l’ensoleillement et l’environnement immédiat. Elle peut aussi accroître le nombre de logements comparables proposés à la revente, sans que l’effet sur les prix soit prévisible avec certitude.
Pour apprécier la valeur du logement, privilégiez des ventes récentes de condos réellement comparables : superficie, âge du bâtiment, étage, stationnement, équipements et charges de copropriété. Une moyenne de prix calculée sur toute une ville mélange souvent des biens trop différents pour éclairer une décision particulière.
Renseignez-vous aussi sur les projets urbains annoncés et consultez les informations municipales disponibles. Un projet présenté au public n’est pas nécessairement approuvé ou réalisé : distinguez les intentions, les autorisations et les chantiers effectivement engagés.
La vie collective compte autant que l’adresse. La proportion de logements loués, les règles concernant la location, l’utilisation des espaces partagés et les difficultés récurrentes signalées dans les procès-verbaux peuvent influencer votre expérience quotidienne. Évitez néanmoins de déduire la qualité de gestion d’un immeuble de la seule présence de locataires.
Organisez idéalement plusieurs observations sur place, notamment en période de circulation importante, en soirée et pendant la fin de semaine. Notez le niveau sonore, l’accès au transport, la facilité de stationnement et l’état des espaces communs.
Une bonne localisation ne compense pas systématiquement des charges mal maîtrisées ou des règles contraignantes. Avant de finaliser le choix, l’assurance constitue une autre vérification indispensable, car elle détermine certaines responsabilités financières en cas de sinistre.
Obligation légale ou condition du contrat : quelle différence pour votre assurance ?
Une obligation légale d’assurance découle des règles applicables dans votre province, tandis qu’une exigence contractuelle résulte notamment de la déclaration de copropriété, d’une police d’assurance ou de votre contrat hypothécaire. Les deux peuvent se cumuler. Avant d’acheter un condo, vérifiez donc les protections souscrites par le syndicat, celles qui vous incombent et les garanties supplémentaires exigées.
En copropriété, l’assurance du bâtiment et celle du copropriétaire remplissent des fonctions différentes. Le partage exact des couvertures dépend du cadre provincial, des biens concernés et des contrats souscrits.
Au Québec, l’assurance du syndicat et l’assurance personnelle doivent notamment être examinées ensemble pour comprendre la protection du bâtiment, les améliorations apportées à une unité, la responsabilité civile et les conséquences possibles d’un sinistre.
Les explications de l’Autorité des marchés financiers sur l’assurance des condos précisent que certaines franchises ou sommes non couvertes peuvent donner lieu à des réclamations contre un copropriétaire, selon les responsabilités et conditions applicables. Certains sinistres peuvent également conduire la copropriété à financer des travaux par une cotisation spéciale.
Cette distinction impose d’examiner plusieurs documents :
- La police d’assurance collective, ses garanties, exclusions et franchises.
- Votre police personnelle et les limites de protection des biens, améliorations et responsabilités.
- La déclaration de copropriété et les exigences complémentaires qu’elle impose.
- Les conditions du prêteur hypothécaire relatives à l’assurance du logement.
Une franchise élevée dans le contrat collectif n’implique pas automatiquement que vous devrez la payer intégralement. Le recours éventuel du syndicat dépend notamment des responsabilités, des règles applicables et des circonstances du dommage.
Les améliorations réalisées dans une unité nécessitent une attention particulière. Une cuisine rénovée ou des matériaux remplacés peuvent modifier les biens à couvrir par votre assurance personnelle. Il faut également identifier ce que la police du syndicat considère comme faisant partie de l’immeuble assuré.
Avant la signature définitive, présentez à un courtier ou assureur les informations relatives à la copropriété. Demandez-lui de confronter les protections collectives et personnelles, plutôt que de souscrire uniquement à partir du prix de la prime.
Une assurance adaptée ne supprime pas tous les risques financiers, mais elle permet d’identifier plus clairement ceux qui resteraient à votre charge. Cette visibilité facilite ensuite l’organisation de vos obligations de copropriétaire après votre installation.
À retenir avant de finaliser votre installation
- Une copropriété se suit dans la durée : les décisions d’assemblée peuvent modifier votre budget longtemps après l’achat.
- Conservez les preuves de paiement, les documents officiels et les avis reçus pour faciliter les démarches futures.
- Mettez régulièrement à jour vos assurances et les informations transmises au gestionnaire lorsque votre situation change.
Comment organiser la gestion de vos affaires personnelles après une installation au Canada ?
Après l’achat d’un condo au Canada, organisez vos documents, vos paiements et vos obligations collectives dans un système facile à consulter. Centralisez les informations bancaires, les contrats d’assurance, les coordonnées du gestionnaire et les documents de copropriété. Un calendrier des échéances et un dossier d’entretien de votre unité permettent de suivre les décisions collectives et de préparer une éventuelle revente.
Si votre acquisition accompagne une installation au Canada, vérifiez également les démarches administratives propres à votre province : coordonnées bancaires, justificatifs d’identité ou de résidence, informations fiscales et contrats de services nécessaires à votre situation.
Pour le condo lui-même, créez un dossier numérique et, si nécessaire, une copie physique des pièces essentielles. Classez séparément les documents d’achat, les règlements, les budgets, les procès-verbaux et les contrats d’assurance. Conservez également les attestations reçues du syndicat, les avis de cotisation et les confirmations de paiement.
Ce classement devient utile lorsqu’une dépense est contestée, qu’une information doit être transmise à un assureur ou que vous souhaitez vendre le logement. Les documents conservés lors de l’acquisition ne remplaceront toutefois pas nécessairement les attestations actualisées requises au moment d’une future transaction.
Inscrivez dans votre calendrier personnel les échéances de frais communs, les renouvellements d’assurance et les dates de réunions communiquées par le syndicat. Lorsque le vote par procuration est autorisé, vérifiez les conditions et délais prévus afin de pouvoir participer aux décisions même en cas d’absence.
Conservez aussi les factures et les renseignements relatifs aux améliorations apportées à votre unité. Les travaux réalisés, les matériaux utilisés et leur coût peuvent contribuer à documenter une réclamation ou à renseigner un futur acheteur. Vérifiez au préalable les autorisations éventuellement nécessaires pour modifier certains éléments du logement.
Enfin, signalez au gestionnaire et à vos assureurs tout changement d’information qui doit leur être communiqué selon les règles et contrats applicables. Cela peut notamment concerner vos coordonnées ou certaines modifications de l’occupation du logement.
La prochaine action consiste à créer ce dossier, à enregistrer les premières échéances et à confirmer les coordonnées des interlocuteurs utiles. Une organisation régulière vous permettra de mieux anticiper les décisions collectives, les dépenses et les démarches administratives liées à votre condo.
Peut-on acheter un condo si le fonds de prévoyance est insuffisant ?
Une réserve insuffisante ne rend pas automatiquement l’achat impossible. Elle indique cependant un risque de contributions supplémentaires lorsque des travaux majeurs doivent être financés. Avant de vous engager, demandez une analyse des besoins futurs, vérifiez les décisions collectives et estimez votre capacité à supporter les dépenses possibles.
Les frais de copropriété comprennent-ils toujours les mêmes services ?
Non. Selon l’immeuble, les charges peuvent couvrir différents services et équipements collectifs. Leur contenu dépend des installations, du budget et des règles de copropriété. Demandez la liste des dépenses incluses et des coûts qui resteront directement à votre charge avant de comparer deux logements.
Un acheteur peut-il obtenir tous les documents directement auprès du syndicat ?
Pas nécessairement. Les droits d’accès, les interlocuteurs et les procédures varient selon la province et le type de document. Certaines pièces doivent être demandées par le vendeur, tandis que d’autres peuvent être communiquées selon les modalités locales. Prévoyez ces démarches dans le calendrier de votre transaction.
Une inspection de condo doit-elle aussi porter sur les parties communes ?
L’état des parties communes est important pour apprécier les risques de dépenses futures. La portée d’une inspection individuelle peut toutefois être limitée. Faites préciser au professionnel les zones accessibles et les éléments inspectés, puis complétez son rapport par les documents d’entretien et les études techniques disponibles.
Qui paie une cotisation spéciale décidée avant la vente du condo ?
La réponse dépend des règles applicables, de la date à laquelle la contribution devient exigible et des dispositions de la transaction. Il faut distinguer une cotisation simplement envisagée d’une somme officiellement adoptée ou déjà exigible. Faites préciser sa prise en charge dans les documents de vente avec le professionnel juridique chargé du dossier.